Alphonse du Gros Caillou Quelle belle famille
! Extrait Fichier MP3 "Le
plaisir des Dieux"
J'm'appelle Alphonse, et je n'ai pas
d'nom de famille, Vu que mon père n'en avait pas
non plus, Quant à ma mère, c'était
un' pauvre fille Qui était née de parents
inconnus. Elle s'appelait Delphine, pas davantage, Quoiqu'non mariés, c'étaient
d'heureux époux ; Et l'on disait : "- quel bon petit
ménage, Que le ménage Alphonse du Gros
Caillou ! " Et l'on disait : "- quel bon petit
ménage, Que le ménage Alphonse du Gros
Caillou ! "
Au bout s'cinq ans, ils eurent enfin
la chance, Vu leur mérite, leurs bons antécédents, De pouvoir ouvrir une maison d'tolérance Et puis surtout d'avoir eu quatre enfants. Sur quatre enfants, Dieu leur donna
trois filles Qui travaillèrent dès
qu'elles ont pu chez nous ; Et l'on disait : "- quelle belle famille, Que la famille Alphonse du Gros Caillou
! " Et l'on disait : "- quelle belle famille, Que la famille Alphonse du Gros Caillou
! "
Y avait des jours, fallait être
solide, Comme au quinze août, fête
de l'Empereur, (vive l'Empereur !) C'était chez nous encombré
d'invalides, De fantassins, d'cavaliers, d'artilleurs. Ces jours là, dame, le soldat
babille... Et tous contents en sortant de chez
nous ; Ils se disaient : - quelle rude famille, Que la famille Alphonse du Gros Caillou
! Ils se disaient : - quelle rude famille, Que la famille Alphonse du Gros Caillou
!
Même en dehors nous comptions
d'la pratiques Mon père'servait les Dam's du
Sacré Coeur, Ma mère servait Madam'de Metternich, Mes soeurs servaient la Maison de l'Emp'reur. (vive l'Empereur !) La clientèle était assez
gentille, Et l'on avait grande confiance en nous Et l'on disait : - "Quelle sainte famille Que la famille Alphonse du Gros Caillou" Et l'on disait : - "Quelle sainte famille Que la famille Alphonse du Gros Caillou"
Moi d'mon côté j'comptai
quelques clients, Je travaillais dans la magistrature, Le haut clergé, les grands officiants, J'avais pour ça l'appui d'la
préfecture (vendu !) J'étais gentil qu'on m'prenait
pour un'fille, Tant j'étais frais et caressant
et doux Aussi j'étais l'orgueil de toute
la famille, De la famille Alphonse du Gros Caillou
! Aussi j'étais l'orgueil de toute
la famille, De la famille Alphonse du Gros Caillou
!
Maint'nant ma mèr's'est r'tirée
des affaires, Moi j'continue mais c'est en amateur
; Mes soeurs ont toutes épousé
des notaires Mon père est mort dans la Légion
d'Honneur, De notr'vertu la récompense
brille Et si parfois nous fîmes des
jaloux, On s'dit tout d'même : - Quelle
honnête famille, Que la famille Alphonse du Gros Caillou
! On s'dit tout d'même : - Quelle
honnête famille, Que la famille Alphonse du Gros Caillou
!